Chroniques de Pertuis

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Chronique 4 - « Le quartier Saint Pierre. »
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Un quartier à vocation agricole.



ors de la convention établie en 1242, entre Montmajour et le seigneur Guillaume de Sabran, fut mentionnée ce qui « sembla » être la 1ère enceinte fortifiée de Pertuis, enserrant le quartier Saint-Pierre. Un siècle et demi plus tard, l’élargissement vers le sud d’une portion de ces murailles, permit une extension en éventail. Le tracé concentrique des rues de la vieille ville, appuie cette hypothèse de plusieurs états d’évolution des murailles. Longtemps, l’obstacle de l’enceinte au sud et l’impossibilité de construire au nord et à l’ouest (l’abrupt de la butte ne le permettant pas), contraignirent à une occupation maximale de l’espace disponible, créant ainsi un tissu urbain dense et peu aéré dans les quartiers les plus anciens.

Rue du Fer
Rue du Fer

Rue du Fer

© 2005-2007 Photo Mr Raymond Gibert.

Un deuxième facteur conditionna l’architecture du bâti du quartier Saint-Pierre. Malgré une grande diversité dans les activités des habitants, celles liées à l’agriculture et à l’élevage prédominaient. Aussi les maisons paysannes de village y étaient-elles nombreuses. Dans son ouvrage, « Pertuis vu à travers son terrier de 1602 » (étude du cadastre de 1602), M Marsily a comptabilisé 157 maisons, dans ce quartier dont 141 modestes. Faiblement imposées, la plupart appartenaient à des « travailleurs » appelés en d’autres régions du royaume « brassiers », « journaliers ».Ils fournissaient leurs bras ou travaillaient à la journée dans les bastides ou fermes. Pour améliorer leur frugal ordinaire ou survivre quand la conjoncture était mauvaise, beaucoup possédaient quelques lopins de terre. Travaillés avec soin, vignes, vergers, « olières » (oliveraies), jardins, leur autorisaient une certaine autarcie dans leur subsistance. Les « cheneviers » près des cours d’eau (Eze et Durance) fournissaient la matière première (chanvre) de leur linge de corps et du trousseau familial...

Rue Canorgue
Rue Canorgue

Rue Canorgue

© 2005-2007 Photo Mr Raymond Gibert.



a maison paysanne intra muros, offrait un modeste abri aux « travailleurs » mais sauvegardait également de précieuses denrées. A proximité du noyau initial, les contraintes parcellaires obligèrent à l’économie de l’espace. On dota alors les premières maisons basses (casals) de plusieurs étages (dépassant rarement le nombre de 3). L’étroite façade principale, ouvrant sur la rue passante, comportait peu d’ouvertures. Elle attribuait à chaque palier une fonction précise. Au rez-de-chaussée, à côté de la porte d’entrée, une écurie abritait la mule (les chevaux étaient réservés aux apparents), une remise ou un cellier... L’emploi privilégié de l’escalier en vis, occupant un espace réduit, permettait d’accéder à une ou deux pièces au premier étage. L’une, la salle commune ou pièce à vivre, servait également de chambre. La partie supérieure de la maison accueillait parfois une autre chambre mais souvent aussi des pièces d’entreposage des réserves : les fruits, les légumes secs...Au 18ème siècle, les fréquentes plaintes déposées à propos des nuisances générées par l’élevage de vers à soie, attestent de la pratique de la magnanerie dans les parties hautes des maisons. Des éléments de poulies rouillant sous les rebords des toits nous indiquent la façon dont les grains et le foin étaient hissés jusqu’aux greniers et « fenières ».
Autre lieu de conservation, les caves. Elles étaient très nombreuses. Certaines, fort vastes, appartenaient à plusieurs propriétaires. Creusées dans la roche (safre), maçonnées en partie ou en totalité, voûtées, elles étaient de construction très soignée. Le vin y était travaillé dans des cuves (tinail, tine, tineau) puis conservé dans les tonneaux. La famille puisait l’huile d’olive, largement utilisée pour la cuisine et l’éclairage, dans des piles (auges ou réservoirs de pierre) ou dans des jarres entreposées en ce lieu sombre et frais qui assurait une meilleure conservation. En 1647, deux moulins à huile fonctionnaient dans le quartier saint-Pierre. L’un appartenait à la famille (noble) Chabert, et l’autre à Michel Sauvecane. Le 2ème, dans une cave (crotte) près de la maison des Oratoriens fut acquis par les religieux. Le travail de presse très éprouvant pour les murs de soutènement ébranla-t-il les fondations? Un pilier, puis la cave s’écroulèrent causant des dégâts aux constructions alentours.

Rue Droite avec son Etal
Rue Droite avec son Etal

Rue Droite avec son Etal

© 2005-2007 Photo Mr Raymond Gibert.



i le « caladage » (pavage) de certains quartiers proches de l’église Saint-Nicolas et de la maison commune intervint dès le début du 17ème siècle, dans le reste de la ville il fut plus tardif (milieu du 18ème siècle). Un réseau d’égout digne de ce nom n’arriva qu’au 20ème siècle ! Longtemps la population ne s’en plaignit pas ! La saleté notoire des rues était une providence pour la fumure des champs ! Sur le sol naturel des rues, sommairement tassé et nivelé, étaient répandus de la paille et des végétaux cueillis dans la campagne. Le piétinement des passants et des animaux laissés en liberté, conjugué à toutes les déjections animales et humaines, générait un précieux fumier. Au besoin les riverains aidaient la fermentation par un arrosage avec des produits humides dont il valait mieux passer sous silence l’origine ! Quand la peste menaçait, s’appuyant sur le « Règlement de Peste » de 1629, les consuls tentaient de mettre en place le nettoiement des rues ! En 1720, les balayeurs insultés battirent en retraite.
Des animaux divaguant dans ces cloaques, l’un était particulièrement « cher » aux Pertuisiens : le pourceau (cochon)! Outre la charcuterie gardée dans les caves, la viande (la « chair ») que l’on conservait dans le sel était particulièrement appréciée : avec celle de mouton, elle était la plus consommée à Pertuis. Nombre de familles élevaient un ou deux cochons. Toutes ne disposaient pas de porcheries (suilhes) hors des murs ou ne pouvaient payer pour faire élever leurs bêtes (les Oratoriens confiaient à des fermiers, deux truies dont ils surveillaient avec intérêt les portées). Les pourceaux restaient donc en ville, abrités dans ces « suilhes » appuyées contre le rempart ou dans un local de la maison. Malgré les amendes et les confiscations, les porcs figurèrent longtemps dans le paysage urbain pertuisien.

Un étal au moyen age
Un étal au moyen age

Un étal au moyen age

Extrait du livre d'histoire
Bonifacio et Maréchal (CE)

Les activités du quartier



râce aux cadastres anciens, retrouvons les activités des habitants du quartier Saint-Pierre, au milieu du 17ème siècle (1647). Les métiers liés à l’agriculture et à l’élevage y figuraient en bonne place. Attention cette liste n’est point exhaustive ! Le cadastre ayant pour fonction de recenser les biens fonciers dans un but fiscal, le rédacteur n’indiquait pas toujours la profession. De plus, n’y figuraient pas les personnes trop pauvres pour posséder un patrimoine foncier.
Aiguiseur ou esguisier (1) ; Apothicaire (1) ; Avocats (3) ; Bourgeois (5) ; Chirurgiens (2) ;
Cordonniers (4) ; Fustier (travail du bois) (1) ; Maçons (3) ; Marchands (6 ; Maréchaux à forge (2) ; Médecins (2) ; Menuisier (1) ; Nobles (7) ; Notaires (3) ; Parlementaire (1) ; Serruriers (2)..
Activités textiles : cardeur (1) ; Tailleurs (3) ; Tisserands (12)
Activités agricoles : Bergers (2) ; Jardiniers (2) ; Ménagers (3) : Mulatier (1) ; Travailleurs (26).
Deux groupes prédominaient donc dans ce quartier:
- le plus important de ceux pratiquant des métiers liés à des activités agricoles.
- le second de ceux travaillant les matières textiles. De nos jours, une rue du quartier porte le nom de « Rue des Tisserands ».

L’eau au quartier Saint-Pierre.



ne situation privilégiée et des conditions favorables motivèrent la création en ce lieu, du quartier Saint-Pierre. Or, parmi ces avantages, une absence ! L’eau ! Les difficultés de l’alimentation hydraulique du quartier, emplirent souvent d’amertume ses habitants. Toutefois, elle n’était pas totalement absente. Des documents fort anciens : des reconnaissances de cens payés au monastère Notre-Dame de Nazareth mentionnent la présence de puits au 15ème siècle. Les Oratoriens dans l’inventaire de leur maison, citent un seau pour puiser l’eau dans la « citerne ».

Vestiges de la fontaine de la rue Canorgue 1822
Vestiges de la fontaine de la rue Canorgue 1822

Vestiges de la fontaine de la rue Canorgue 1822

© 2005-2007 Photo Mr Raymond Gibert.

Dans ce quartier populeux où les bestiaux vivaient en grand nombre, l’alimentation en eau préoccupait les habitants. L’accord passé avec la Tour d’Aigues en 1509, pour l’utilisation de l’eau de la source de la « Font de Viade ou Veade » permit d’alimenter plusieurs fontaines dans les bas quartiers de la ville et au faubourg. Mais le quartier Saint-Pierre, n’en profita pas. La dénivellation et la quantité d’eau captée insuffisante en furent les causes.
Durant plusieurs siècles, les Pertuisiens, de Lambert, de Beaujeu, de Saint-Pierre, réclamèrent leur fontaine. La place du Marché eut la sienne en 1703. La construction de celle de Saint-Pierre fut adjugée le 10 janvier 1822 à François Chaix d’Apt. L’eau fut prise sous la tour du clocher, à une installation desservant plusieurs fontaines dont celle de la place du marché. Une inscription mentionne la date de 1822, sur celle de la rue Canorgue. « Fontaine adossée, constituée d’un bassin rectangulaire (détruit) et d’un buffet d’eau encadré de pilastres et couronne ‘une corniche. » (Inventaire topographique)
Une liste inventaire de 1904 indique 3 grands points d’eau en ce quartier: la fontaine avec lavoir, la fontaine Neuve et le lavoir Notre Dame (ou des Poux).

Quelques grandes fêtes.



a procession de la St Sébastien, le 20 janvier, fut instituée par le roi René en 1470.

Statue de Saint Sébastien
Statue de Saint Sébastien

Statue de Saint Sébastien
(Eglise Saint Nicolas)

© 2005-2007 Photo Mr Raymond Gibert.

Par quatre fois en cent ans, (1390, 1416, 1451 et 1456), la peste avait frappé notre contrée. Le « bon roi René » s’adressa au pape Paul II pour préserver ses sujets. Il reçut des reliques des saints André et Sébastien qu’il enferma dans une châsse d’or et de pierres précieuses déposée en l’église St Sauveur d’Aix. Les Aixois prirent coutume de faire une procession générale le jour de la St Sébastien. A l’instar de sa voisine, le 20 janvier, dans Pertuis, derrière le buste du saint porté par deux hommes de la confrérie de même nom, en aube et dalmatique de couleur rouge, défilaient, consuls en chaperon, dignitaires de l’église, confréries, habitants en prière... Dans les églises provençales subsistent de cette époque où sévissait la peste, de nombreuses œuvres religieuses associant la Vierge, St Roch et St Sébastien.
Dans les premiers temps de la procession, certaines pratiques, soupçonnées d’un reste de paganisme, scandalisèrent des dévots pertuisiens, tel l’historien Jean Monier. Avec des habits et de la paille, les habitants confectionnaient un épouvantail qu’ils attachaient sur une large planche portée sur les épaules d’un homme marchant derrière la Croix. Les spectateurs munis de paniers emplis de navets et de raves, suivaient la procession en bombardant le mannequin de paille. Les raves faisant défaut, les pierres les remplaçaient. Le porteur ou le Patas, se dirigeait ensuite vers le cimetière de Saint-Pierre. Là, il précipitait, du haut des remparts, le personnage ridicule. L’Eglise parvint à faire cesser cette pratique.



a cérémonie du « banvin » le 2 juillet. Jusqu’à la suppression des droits féodaux, à la Révolution, notre coseigneur, l’abbé de Montmajour, exerça ce droit seigneurial.
Pertuis, le 2 juillet 1631, au matin, dans la maison commune.
En présence d’Auguste Aymar, viguier (représentant du roi), les 3 consuls M Jehan André de Saint-Martin, docteur en médecine, Jehan Laurent, maître apothicaire, et Pierre Barbier, marchand, convoquèrent les conseillers « a la maniere accoustumee ». Ils allaient fixer le prix du vin « suivant le pouvoyr & la la faculte » que possédait la communauté. Dans quelques heures serait proclamée, l’ouverture du banvin. Durant 15 jours, il conférait l’exclusivité de la vente au coseigneur (Montmajour). Après ces 15 jours, les Pertuisiens pouvaient vendre leur vin sur lequel la communauté appliquait un impôt indirect (rêve ou gabelle du vin) à son profit. Ajuster les prix pour contenter Montmajour et les habitants relevait de la gageure ainsi qu’en témoignaient les réclamations et les procès après le banvin.

Billet de logement 1639
Billet de logement 1639

1639 - Michel et Esprit Blanc au quartier de Saint Pierre
Devant loger deux soldats du régiment de Montpezat

Archives Communales de Pertuis

Plus que jamais, en cette année 1631, la communauté de Pertuis avait besoin d’argent et était attentive au prix et à la rentrée de « la resve » du vin. Elle sortait d’une coûteuse épidémie de peste. Le blocus levé, elle fut avisée que cette guérison lui devrait de recevoir en garnison des soldats envoyés par le Roi Louis XIII et Richelieu pour réduire la Provence à l’obéissance. Alors que la maladie frappait notre ville, la révolte des « Cascavèux » ou la « Folie Aixoise » avait secoué notre Païs dont le pouvoir royal voulait diminuer les libertés.
Ce 2 juillet 1631, à onze heures du matin, les consuls, le viguier, les conseillers et le rentier principal du prieuré, pénétrèrent dans les caves de l’abbaye. Elles étaient au nombre de 4 en 1720 : une grande (11 tonneaux), une au-dessous de la tour, la Collombier, (5 tonneaux), la Barbade (4 tonneaux) et celle de Ste-Anne (5 tonneaux). Cette année-là, Michel Reynier et Paul Dallier préposés à la dégustation, déclarèrent tout le vin « bon ».
Le tarif des prix fixé, le « trompette » de ville, alla le « cryer » par tous les carrefours et places de la ville.

L’église de l’oratoire durant la Révolution.

• 2 novembre 1789, déclaration de mise à la disposition de la Nation, des biens du clergé. Leur vente financerait les assignats.
• Le 12 juillet 1790 : constitution civile du clergé.
• 21-9- 1790 : le drapeau tricolore remplace officiellement le drapeau blanc.
16-12-1790 : à Aix des bandes armées massacrent des royalistes emprisonnés.
janvier 1791 : création à Pertuis du Club des « Amis de la Constitution et des pauvres. » Composé en majorité de cultivateurs. Président J J Marteau (prêtre).
2 avril 1791 : mort de Mirabeau.
• 20 juin 1791 : Fuite du roi à Varennes.
30 juillet : plébiscite dans Avignon et le Comtat Venaissin pour le rattachement à la France.
• 1er octobre 1791 au 20 septembre 1792 : Siège de l’Assemblée législative.
8 octobre 1791. Pertuis. Mise aux enchères des 4 caves de l’Abbaye de Montmajour.
16 et 17 octobre 1791. Massacres à Avignon.
• Novembre 1791 : Création du Comité de surveillance à Paris.
Novembre 1791 : Création du Club de l’Abbaye.
• Décembre 1791 : Les Clubs mènent campagne contre le droit de veto du roi.
Mars 1792. agitation dans le club de l’Abbaye.



la Révolution, le sort de l’Oratoire et des autres bâtiments religieux de Pertuis, fut lié à l’établissement de la Constitution civile du clergé et de la décision de mise en vente des biens de l’Eglise. Les religieux et religieuses, quittant leurs couvents reçurent une rente de l’Etat, en contrepartie de la prestation du serment d’obéissance à cette Constitution.

Assignat
Assignat

Assignat

© 2005-2007 Photo Mr Raymond Gibert.

Les Oratoriens, les Pères Gerbaud et Turc mirent leur église au service de la municipalité. A Paris, les couvents des Jacobins, des Cordeliers... accueillirent des « Clubs », à Pertuis les Patriotes eurent le leur à l’Oratoire en 1791.



ais les années 1790 et 1791, virent se succéder à un rythme rapproché, des évènements dangereux pour les nouvelles institutions : créations de mouvances dissidentes, menées contre révolutionnaires, menace aux frontières des armées des émigrés et des nations ennemies, fuite du roi, et son arrestation à Varennes. La scission de l’Assemblée à Paris des Constitutionnels se rapprochant du roi et des Jacobins dans un Club plus radical (Feuillants), trouva un écho à Pertuis où la population se partagea en deux factions farouchement opposées.
Ajoutons au durcissement de cette partition, les mauvaises récoltes, la dépréciation des assignats émis, les réquisitions, les levées d’hommes, les 9 démissions de l’équipe municipale précédente, les troubles d’Aix et Avignon, et l’on aura réuni les motifs de la fébrilité qui régnait dans Pertuis alors qu’on allait procéder au renouvellement de la municipalité.


ertuis, 13 novembre 1791. Des élections allaient renouveler le maire, 6 officiers municipaux, 11 notables et le procureur de la commune. A Paris, « l’Assemblée législative » récemment nommée siégeait depuis le 1er octobre 1791.
La municipalité en place, alliée aux royalistes de la ville, établit deux sections (bureaux) de vote : la 1ère dans l’église du couvent des Capucins (angle sud-est de l’actuelle place Jean Jaurès) et la 2ème dans l’église des Oratoriens. Cette dernière préoccupait les autorités. Le quartier Saint-Pierre, était habité en grande majorité par des ouvriers agricoles, patriotes très actifs. Dès l’ouverture du bureau de l’Oratoire, des troubles éclatèrent : le président Guillaume Cotte ne fit pas prêter le serment prescrit par la loi. Le maire « porta la parole de paix » et rétablit le calme. Mais les tensions étaient toujours présentes. Dans les deux sections, les alliés des royalistes furent élus. Rappelons que le suffrage n’était pas universel et que ceux qui ne payaient pas l’impôt ou insuffisamment en étaient exclus. Seuls 90 électeurs avaient voté dans Pertuis qui comptait près de 4000 habitants. Dans les deux sections, Billard favorable aux royalistes fut élu au grand désappointement des patriotes. Le prêtre de l’Oratoire, Gerbaud, élu officier municipal, refusa sa nomination.

Pertuis vu du nord
Pertuis vu du nord

Pertuis vu du nord
Vestiges de l'abbaye de Montmajour.
A gauche extrémité de la place Saint Pierre
et la butte de création récente

© 2005-2007 Photo Mr Raymond Gibert.

Les entorses à la loi et les troubles amenèrent le district d’Apt à ordonner de revoter à la section de l’Oratoire. Au passage, les autorités de Pertuis, qui avaient manifesté leur désaccord avec cette dernière décision furent tancées « 5 janvier 1792. Le Directoire improuve et blâme sévèrement comme injurieuses les délibérations de la commune de Pertuis ». Quelques pages du registre des délibérations furent, sur ordre du Directoire, biffées à grands traits.



éçus des résultats du vote, des Pertuisiens décidèrent de créer une nouvelle « Société Patriotique » plus sûre que le « Club de la Constitution » , infiltré par des agents doubles.
Les deux meneurs étaient Jean Jouvene et Maximin dit la Palme chez qui ils se réunirent durant 3 semaines. La municipalité les faisait surveiller (« le rassemblement paroit avoir objet principal de deployer l’aigreur et l’humeur qui peut les animer contre les membres de la municipalité ») et opposa un refus à leur pétition pour obtenir le grenier de l’Abbaye (de Montmajour) pour lieu de réunion. A l’instar des clubs qui se radicalisaient dans les autres villes et villages, celui des patriotes de Saint-Pierre s’enhardit. Une députation de 15 à 20 membres accosta le maire en pleine rue : elle exigeait la libre disposition, dès le lendemain, avant 9 h du matin, du local de l’Abbaye qui appartenait, non à la ville, mais à la Nation. Sous la menace de l’intervention de 400 hommes voire 800 ou 900 et « de gens de grambois de la vallée et les autres », la municipalité, accusée de mauvaise volonté, céda.

Pertuis Vue du Nord
Pertuis Vue du Nord

Pertuis Vue du Nord
L'abbaye et la tour. L'enceinte fortifiée à gauche.
A droite elle a totalement disparue.

© 2005-2007 Photo Mr Raymond Gibert.

Dans Pertuis partagé en deux clubs ennemis régnèrent alors le désordre et la haine ! La musique de la garde nationale s’était divisée entre les bleus et les rouges. Deux confréries de pénitents blancs et noirs se disputaient les sépultures ! Les ouvriers agricoles se retrouvaient chez les musiciens rouges et les pénitents blancs. Les farandoles furent interdites : elles se pratiquaient avec des épées à lame nue et autres armes et étaient prétextes à bousculades et coups. Des commissaires vinrent de Marseille remettre de l’ordre dans cette cité au bord de la guerre civile. Ils réussirent à réunir les deux clubs. Pertuis se « réconcilia » en une fête magnifique : un immense feu de joie, un te deum chanté sur la place du marché, des farandoles endiablées mais pacifiques ! L’avenir démontra la fugacité de l’entente !



Sources.

Archives Communales de Pertuis.
-3 D1 : Copie du manuscrit de Jean Monier (original au Musée Arbaud. Aix-en-Provence).
-CC... : Cadastres des époques étudiées et papiers des trésoriers.
-BB... registres des délibérations des époques étudiées.
-GG 34 et GG 35 : Papiers de l’Oratoire de Pertuis.
-Notes de recherches sur les fontaines et l’eau de Gisèle Sala, archiviste.
-1 D2 : Registre des délibérations de 1791 à 1793.
Ministère de la culture : Inventaire topographique du Pays d’Aigues.
Marsily : Revue municipale N° 7. Pertuis vu à travers son terrier de 1602.
Photo de la place Saint-Pierre de M Gaillandre.

Mme Line Gibert. © 2006.

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